resolutionmini
 
Biographies de neurologues
 
Nouvelle Iconographie de La Salpêtrière
 
 L'histoire des neurosciences à La Pitié et à La Salpêtrière J Poirier
The history of neurosciences at La Pitié and La Salpêtrière J Poirier 
 
 
 

mise à jour du
30 juillet 2007
 
Dictionnaire de chirurgie
Paris, chez Lacombe
1767
page 162-165
Le bâillement
Achille François Thomas Le Vacher de la Feutrie
1738-1824
 
 
pdf de ce texte

logo

le vacher de la feutrie
 
Diduction involontaire des deux mâchoires, qui fait ouvrir la bouche d'une manière sensible & désagréable. Quand on s'éveille, on bâille, on étend les bras, on est plus agile, on a plus de vivacité d'esprit. Comme le suc nerveux n'a pas coulé dans les muscles durant le sommeil, toutes leurs fibres sont languissantes, il faut donc les contracter, pour les ouvrir au fluide nerveux qui s'est filtré dans le cerveau, & pour l'appeller dans ces parties. De plus le mouvement du sang étoit languissant dans les muscles: il faut donc hâter son cours: Or cela se fait par la contraction où ils entrent, quand on étend les membres.
 
Le Bâillement, dit M. Senac, vient de la même cause. Ce suc nerveux qui entre dans les muscles, & qui s'est ramassé en grande quantité, fait qu'on est plus agile, car l'âme peut en envoyer beaucoup dans les nerfs, pour mouvoir les parties.
 
On rend insensiblement une grande quantité de matières perspirables lorsque la nature occasionne des bâillements et des extensions des membres, pour s'en débarrasser.
 
On est plus sujet à bâiller immédiatemment après le sommeil, qu'en tout autre tems, parce qu'alors il s'échappe par les pores de la peau, une plus grande quantité de cette matiere, qu'en tout autre tems; l'accroissement de contraction, auquel cette affluence donne lieu, produit en même tems la rétention de la matiere perspirable dans les passages de la peau; & c'est de là que proviennent les irritations que suivent le Bâillement & l'expansion des membres. Dans ces mouvements les membranes de tout le corps sont secoués leurs fibres sont écartées, & la matière retenue peut s'échapper.
 
On voit par-là pourquoi les personnes les plus saines & les plus vigoureuses, sont plus sujettes à bâiller que les autres: c'est que transpirant davantage, il y a plus de matière perspirable retenue dans les pores; & conséquemment de plus grandes & de plus fréquentes irritations.
 
C'est ici le lieu de parler des avantages considérable qui reviennent à la santé, d'un peu d'exercice pris immdiatement après le lever. II n'y a pas de doute que le corps ne soit vuidé & diminué, par l'évaporation considérable qui s'est faite pendant le sommeil & que toutes ses fibres ne soient animées de nouveaux esprits. Il n'y a donc point de moment plus propre pour se procurer cette fermeté, & cette tension convenable des solides, si nécessaires à la santé; parce qu'alors tout ce qui fera capable de causer dans les fibres quelques contractions, les mettra dans le tonus qui convient, & les rendra capables d'expulser les humeurs inutiles les plus grossières: or il est constant que l'exercice resserres solides rien n'est donc plus salutaire que d'en prendre alors. Il sera surtout bienfaisant, s'il consiste à donner à toutes les parties, aux membranes & aux fibres de la peau, un mouvement léger. Mais il n'y a point de meilleur moyen de procurer aux parties cette agitation légère que de le faire frotter immédiatement avant que de se lever & de s'habiller. Je conseillerais aussi de faire quelques sauts, & de s'étendre les bras avec des poids dans chaque main : cet exercice produiroit merveilleusement les effets qu'on en attend; c'est à dire, que la matière qui est suffisamment digérée pour la perspiration sortiroit, & que les solides n'étant chargés que des fluides nécessaires, seroient en état de faire leurs fonctions avec vigeur & facilité. II en seroit alors du corps, ainsi que d'une montre, dans laquelle les mouvemens se font avec beaucoup de regularité, immédiatement après qu'elle a été bien nettoyée.
 
Le Bâillement ou l'extension des membres après le sommeil, marque que la perspiration s'est bien faite.
 
Le Bâillement ou l'extension des membres après le sommeil est occasionné par une grande affluence de matière perspirable, bien digérée , qui est sur le point de s'échapper: le corps perspire plus dans l'espace d'une demi-heure, à l'aide du bâillement & de l'extension des membres, qu'il ne perspire en trois heures de tems sans cela.
 
L'extension de tous les membres ou d'une partie provient de quelque irritation légère des fibres musculaires & cette irritation est occasionnée par une grande quantité de matiere perspirable digérée, répandue à la surface & aux extrêmités du corps, & qui est sur le point d'être évacuée. Il est évident qu'y ayant dans le sommeil une tendance & affluence continuelle du centre à la circonférence, d'une miatiere déliée & bien digérée, qui s'échappe par les passages de la peau, & que les nerfs étant aussi dans le même tems parfaitement relachés; il n'est pas possible de s'éveiller, sans que le passage du sommeil à la vceille ne produise quelque altération confdérable dans cet écoulement; que les fibres ne le resserrent, & que la matière perspirablequi étoit au passage, ne soit détenue à l'extrêmité des conduits excrétoirs. C'est cette matière qui stimule les petites fibres des glandes où elle est arrêtée, lorsque le sommeil est parfaitement dissipé, que les solides sont de plus en plus tendus: le picottement passe de ces petites fibres aux muscles, par conspiration, ils sont provoqués à s'étendre & à se contracter; symptôme que nous avons tous éprouvé dans le bâillement & dans l'extenlion des membres qui l'accompagnent. Les envies de bâiller & de s'etendre subsitent, jusqu'à ce que la matiere perspirable soit entièrement évacuée. C'est par le bâillement qu'elle est dégagée des lieux où elle est retenue, & chassée de la peau comme d'un papier mouillé qu'on secoue. Voilà la raison pour laquelle la perspiration est si considérable dans le bâillement.
 
L'encyclopédie préfère l'explication suivante:
 
Le Bâillement est produit par une expansion de la plupart des muscles du mouvement volontaire, mais surtout par ceux de la respiration. Il se forme, en inspirant doucement, une grande quantité d'air qu'on retient, & qu'on raréfie quelque tems dans les poumons, après quoi on le laisse échapper peu à peu, ce qui remet les muscles dans leur état naturel. De là l'effet du Bâillement, est de mouvoir, d'accélerer & de distribuer toutes les humeurs du corps également dans tous les vaisseaux; & de disposer par conséquent les organes de la senation & tous les muscles du corps, s'acquitter chacun de leur côté de leurs fonctions respectives.
 
Quand on voit bâiller, l'imagination détermine les esprits à couler dans les fibres nerveuses de l'œsophage, les fibres de la membrane se racourcissent, séparent la machoire inférieure de la supréieure de là l'on bâille quand on voit bâiller,
 
Le remede qu'Hippocrate prescrit contre le Bâillement, est de garder long tems la respiration. Il recommande la même chose contre le hoquet.