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Biographies de neurologues
 
Nouvelle Iconographie de La Salpêtrière
 
 L'histoire des neurosciences à La Pitié et à La Salpêtrière J Poirier
The history of neurosciences at La Pitié and La Salpêtrière J Poirier 
 
 
 

mise à jour du
6 août 2006 
Des signes dans leur rapport avec la pensée
Le bâillement
M. Rattier
1843

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Des signes dans leur rapport avec la pensée
 
La pensée se manifeste extérieurement par des symboles qui en sont comme l'image ou la représentation. Mais comme les éléments de la pensée sont multiples, il faut, pour qu'elle soit comprise, qu'à chaque émotion, à chaque idée, à chaque opération de l'âme corresponde au dehors un signe sensible qui en soit l'expression fidèle et qui la rende perceptible à autrui. [...]
 
On distingue plusieurs sortes de langages; car l'âme a mille moyens de se produire au dehors et d'exprimer ce qui se passe en elle. L'organisme tout entier semble n'avoir d'autre destinée que de manifester la vie de l'âme, et comme si ce n'était pas assez du corps pour servir d'interprète à la pensée, il n'est rien dans la nature extérieure qui ne puisse devenir le symbole des faits psychologiques.
 
Or toute manifestation de la pensée, toute révélation sensible des faits qui constituent la vie spirituelle, est un langage. Nous allons indiquer, avec quelques détails les diverses formes sous lesquels peuvent se produire, soit dans les organes, sot même de dehors de l'organisme, les modifications de la pensée humaine: le langage des sons inarticulés ou cris spontanés [...] certaines suites de sons, les soirs, sanglots, rires, gémissements, [...]
 
Le bâillement et les mouvements accessoires dont il est souvent accompagné, si on le considère comme le premier signe et principal phénomène de l'ennui, peut aussi être mis au nombre des manifestations spontanées des divers états de l'âme. quelle que soit la cause de l'ennui, il s'annonce par un sentiment pénible que l'on rapporte à l'épigastre. On y sent un espèce de vide, un froid, un relâchement particulier qui semble se répéter dans l'appareil locomoteur. Une sorte de constriction qui nous porte instinctivement à ouvrir la bouche, à inspirer longuement et à expirer avec effort et avec bruit une grosse quantité d'air, monte alors le long de la trachée et s'élève vers l'arrière bouche. Le bâillement a lieu, les pandiculations le suivent. On éprouve un malaise qui paraît universel. Las ceux qui sont disposés au sommeil s'endorment; les autres s'agitent et ne peuvent trouver une position du corps qui les soulage de leur tourment.