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mise à jour le
20 avril 2008
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Vidéo d'un bâillement typique
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Lexique
Chat-logomini
Le bâillement est un comportement physiolgique banal, décrit dès l'antiquité par Hippocrate qui pensait que le bâillement permettait l'évacuation de la fièvre, comme une cheminée évacue la fumée. Oublié après les publications de JM Charcot , la médecine de XX° siècle n'y a pas attaché beaucoup d'intérêt jusqu'aux années 80, marquées par les progrès de la neurophysiologie et de la neuropharmacologie qui lui redonnent sens.
 
Les organismes vivants, en particulier les vertébrés, exhibent des comportements variés, essentiels à leur survie, caractérisés par leur récurrence cyclique. Il en va ainsi pour les trois comportements fondamentaux de la vie et de sa transmission: la vigilance (être apte à survivre face aux prédateurs alors que le sommeil est indispensable à l'homéostasie du cerveau), la satiété (capter de l'énergie), la sexualité (transmettre la vie). Les bâillements et les pandiculations, en restant morphologiquement identiques, apparaissent associés à chaque état transitionnel des rythmes infradiens, circadiens, ultradiens qui caractérisent ces comportements.
 
Le bâillement est un comportement, phylogénétiquement ancien (présent chez les reptiles) , stéréotypé mais modulable, physiologiquement contemporain des étirements musculaires lors de l'éveil, isolé lors du besoin de sommeil, associé ou non à une érection, présent chez l'homme et les animaux, des reptiles, aux poissons et aux oiseaux, donc probablement presque chez tous les vertébrés. L'embryologie et l'ontogénèse (la précocité ontogénique est correlée avec la phylogénèse ancienne) montre le parallélisme entre succion et bâillement, entre sommeil paradoxal et bâillement.
 
Le bâillement se déroule en trois phases suivies d'une sensation de bien-être et de détente: une longue inspiration, une acmé, une expiration rapide, associée ou non à des étirements. Sa fonction n'est qu'incomplètement élucidée. Sans améliorer l'oxygénation cérébrale, comme cela fut répété pendant des siècles, le bâillement apparaît comme une stimulation de notre vigilance; il joue un rôle dans la communication non-verbale en particulier chez les primates non humains, chez qui il est testostérone dépendant.
 
Alors que le bâillement disparait dans certains syndromes parkinsonniens, les salves de bâillements répétés sont pathologiques et peuvent révélées de multiples pathologies, cérébrales neurologiques ou neuropsychologiques. Les causes de bâillements iatrogènes sont les plus fréquentes.
 
Bâillements et pandiculations extériorisent l'activité des centres moteurs du tronc cérébral (V, VII, IX, X, XI, XII) et de la moelle, sous la commande du noyau paraventriculaire de l'hypothalamus (PVN). Le PVN est un centre d'intégration entre les systèmes autonomes central et périphérique. Il intervient, notamment, dans la balance métabolique (osmolarité, énergie), la pression artérielle et la fréquence cardiaque, la sexualité.
 
Bâillements et pandiculations peuvent être déclenchés par des injections (apomorphine, hypocrétines, etc) ou disparaître après électrolésion dans la zone parvo-cellulaire du PVN. Un groupe de neurones ocytocinergiques, situés dans cette zone du PVN, projetant vers l'hippocampe, le tronc cérébral (locus coeruleus) et la moelle, contrôlent les bâillements et l'érection. La stimulation de ces neurones par la dopamine ou ses agonistes, des acides aminés excitateurs (NMDA), l'ocytocine elle-même, déclenche des bâillements et des érections, alors que le GABA ou les opioïdes inhibent. Ce schéma trop simplificateur omet d'autres molécules également impliquées telles NO, glutamate, GABA, sérotonine, ACTH, MSH, hormones sexuelles, hypocrétine et autres neuro-petides. Cette richesse neurophysiologique explique l'intérêt de l'observation du bâillement pour des tests pharmacologiques des nouveaux psychotropes. Les multiples projections du noyau paraventriculaire sur le locus coeruleus et la réticulé du tronc cérébral sont les déterminants de l'effet de stimulation de la vigilance attribué actuellement au bâillement.
 
Le curieux phénomène de la contagion (mieux vaut dire réplication ou échokinésie) du bâillement, propre à l'Homme et aux grands singes, implique la mise en jeu de circuits neuronaux superposables à ceux activés au cours des processus de l'empathie, comme l'imagerie fonctionnelle cérébrale contemporaine l'a montrée.
 
Le bâillement, du réflexe à la pathologie
Le bâillement : de l'éthologie à la médecine clinique
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Yawning: its cycle, its role
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Fetal yawning assessed by 3D and 4D sonography
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Illustrations de la thèse de Wolter Seuntjens  
 
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Why do people yawn ?
Yawning is a stereotyped behaviour present in most mammals from rodents to humans and has been described since antiquity. Hippocrates considered yawning to be an exhaustion of the fumes preceding fever. Modern medicine did not pay much attention to it until the 1980s, when, with advances in neuropharmacology, yawning proved to be a valuable tool for the assessing dopaminergic activity and the pharmacological properties of new drugs. However, its precise role in human physiology is still unknown and its mechanisms remain unclear.
 
Yawning occurs after waking up, before eating, before sleeping, and in passive activities when it is necessary to maintain a certain level of vigilance. It is then followed by an acceleration of the electroencephalographic rhythms. It does not serve a primary respiratory function and it clearly has a non-verbal communicative status. Nevertheless, it is also a clinical sign in intracranial hypertension, migraine, or iatrogenic side effects of dopaminergic drugs and serotonin reuptake inhibitors. In basal ganglia disorders, yawning is reduced in patients with Parkinson's disease, and occurs more often in patients with Huntington's disease and supranuclear palsy than in controls. In healthy volunteers, apomorphine induces yawning which is also observed at the beginning of the ''on'' periods in Parkinson's disease.
 
The anatomical structures known to be implicated in the occurrence and control of yawning are the paraventricular nucleus of the hypothalamus(PVN), the hippocampus, the reticular formation, the neostriatum, and the cranial (V, VII, IX, X, XI, XII), cervical(C1&endash;C4), and dorsal nerves. Yawning is probably a reflex answer of the brainstem reticular formation aimed to increase the cortical level of vigilance. Dopamine and oxytocin are the main neurotransmitters implicated in its modulation. Indeed yawning induces sensory efferents from the terminals of the fifth facial nerve to the reticular formation or the PVN through the spinothalamic and hypothalamic tracts. Stimulation of the dopamine D2 receptors of the PVN activates the oxytocin neurones that project either to the pons (reticular formation, locus coeruleus), to the hippocampus, to the insula, or to the orbitofrontal cortex, leading to the transient feeling of wellbeing that follows yawning. This pathway is modulated by acetylcholine, serotonin, opioid peptides, sexual hormones, and orexin.
 
Contagious yawning is an even more intriguing phenomenon. It is triggered by seeing, hearing, or even thinking about someone else yawning. Contagious yawning does not occur in species that do not recognise themselves in mirrors or in infants younger than two years old. The phenomenon has been investigated with functional magnetic resonance imaging, which implicated the precuneus or the posterior cingulate regions, functional regions associated with the identification of selreferent information, a primitive form of empathy.