Le bâillement, du réflexe à la pathologie
Le bâillement : de l'éthologie à la médecine clinique
Le bâillement : phylogenèse, éthologie, nosogénie
 Le bâillement : un comportement universel
La parakinésie brachiale oscitante
Yawning: its cycle, its role
Warum gähnen wir ?
 
Fetal yawning assessed by 3D and 4D sonography
Le bâillement foetal
Le bâillement, du réflexe à la pathologie
Le bâillement : de l'éthologie à la médecine clinique
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 Le bâillement : un comportement universel
La parakinésie brachiale oscitante
Yawning: its cycle, its role
Warum gähnen wir ?
 
Fetal yawning assessed by 3D and 4D sonography
Le bâillement foetal
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mystery of yawning 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mise à jour du
30 mars 2017
 
 
Scholarpedia
De quelques phénomènes curieux chez les hémiplégiques
Aracelio-Raphaël de Escarra
 
Thèse Paris n°49 : A. Parent. 1868

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Aracelio-Raphaël de Escarra , né à La Havane (Ile de Cuba), externe des Hôpitaux de Paris, a soutenu sa thèse de doctorat le 14 février 1868.
 
Président du jury : Alexandre Axenfeld (1825-1876), assité de Prof Monneret et des agrégés Laboulbène et Desplats
 
 Thèse dédicacée à Axenfeld, Martin-Magron (1810-1870), Grisolle, Jules Simon, Raynaud, Charcot, Siredey, Matice
 
escarra thèse
 
Phénomènes ayant lieu dans le membre supérieur (côté paralysé)
 
Observation 1 résumé. Malade du Dr Martin-Magron (1810-1872)
Femme de 26 ans, épileptique, présente un coeur irrégulier, une dyspnée à la marche, « une voussure très marquée de la région précordiale », « un bruit de souffle à la pointe » probablement continu systolo-diastolique. Le 18 avril 1862, apparition de mouvements choréiques de l'hémicorps droit. Le 1 juin 1862, hémiplégie droite, coma de deux jours. « La malade prononce, depuis l'attaque, tous les mots de travers et les uns pour les autres, sans cependant en adopter aucun ». A la suite hypertonie en flexion du membre supérieur droit, en extension de la jambe avec contracture des orteils en flexion, disparition de la fermeture réflexe de l'œil droit à la menace. Le 5 novembre 1862, crise d'épilepsie généralisée. « L'attaque finie, yeux hagards, embarras de la parole, aphémie pendant une demi-heure. Bâillements presque sans interruption et accompagnés d'une élévation du coude jusqu'à mettre la main au niveau de la face, suivie de près de l'extension du poignet sur l'avant-bras, et enfin des doigts, qui le plus souvent dépassaient la hauteur de l'épaule et même de la face : le tout d'une manière lente, cadencée, uniforme ; enfin, de la descente (plutôt que chute), excessivement lente en sens inverse de ce qui avait eu lieu au moment du bâillement ». Le tableau s'aggrave peu à peu avec un syndrome cave supérieur au début 1863, puis une œdème pulmonaire permanent à partir d'avril 1863. Cyanose, orthopnée, décès le 2 août 1863 au cours d'une crise d'épilepsie.
 
Observation 4 résumé. Malade du Dr Bucquoy à l'Hôtel-Dieu
Jean-Baptiste Barré, 70 ans, entre salle Sainte-Jeanne le 8 novembre 1867. Hémiplégie gauche complète, incontinence sphinctérienne, absence de réflexe de clignement à la menace à gauche. « J'ajouterai seulement que ses voisins assurent et moi-même je l'ai vu trois fois qu'il soulève sa main quand il bâille, ce qui lui arrive très souvent ». Décès le 25 novembre 1867. A l'autopsie « caillot rougeâtre dans le corps strié droit ».
 
Discussion : Phénomènes ayant lieu dans le membre paralysé (côté paralysé)
 
En quoi consistent ces phénomènes ?
Ces phénomènes doivent être étudiés sous trois points de vue différents
 
a) Pendant le bâillement
b) Lorsqu'ils sont produits par un choc brusque
c) Pendant les efforts et les émotions de toute nature.
 
Au moment du bâillement, on observe une élévation du coude (exclusivement du côté de l'hémiplégie) qui de dirige en avant, et de la main qui atteint et quelques fois dépasse le niveau de la face ; suivie de l'extension des doigts de la main et de celle-ci sur l'avant-bras, le toute de manière uniforme, progressive, et enfin la descente excessivement lente et en sens inverse de ce qui avait lieu au moment du bâillement.
 
Si du bord cubital de sa main, l'expérimentateur donne un petit coup léger et sec sur le bras, le poignet et l'avant-bras principalement le long du bord radial (du côté paralysé), on voit simultanément au choc produit, les doigts se fléchir sur la main, celle-ci sur l'avant-bras qui, à son tour, va à la rencontre du bras, de telle façon qu'avec une série de petits coups répétés rapidement on parviendra, malgré toute la résistance que le malade tâchera d'opposer, on parviendra disons-nous, à porter sa main à la hauteur du menton. […].
 
Les efforts (toux vomissement, dyspnée, éternuements, etc.) et les émotions de toute nature (peur, colère, rire animation dans la conversation, etc.) produisent toujours le même résultat, c'est-à-dire, rapprochement du bras vers le tronc, flexion de l'avant-bras sur le bras ; de la main sur l'avant-bras, et des doigts sur la paume de la main, de telle façon que leurs ongles la blessent plus ou moins suivant l'intensité de la cause productrice. Dans les cas que nous avons observés, aussi minutieusement que possible, il suffisait parfois de les maintenir dans cette position pour les empêcher de s'enfoncer dans la paume de la main […].
 
Le vrai mécanisme de ces phénomènes nous semble entouré d'épaisses ténèbres : ce qu'il a de plus clair pour nous c'est que nous n'en savons absolument rien ; néanmoins nous pouvons faire des suppositions que l'on ne saurait admettre qu'avec une extrême réserve.
 
Pourquoi, en effet, l'éternuement ferait-il lever le bras et étendre les doigts tandis que la toux, la colère, etc. produirait le contraire ? Ce pourquoi nous échappe, et nous pensons que dans l'état actuel de la science la solution de ce problème reste à faire.
 
Cependant la nature réflexe de ces actes nous paraît démontrée par la façon même dont ils sont engendrés, par les conditions inhérentes à leur production, et enfin par la ressemblance qui existe entre eux et ceux que l'on obtient en expérimentant sur des grenouilles.
 
Dans l'hémiplégie le pouvoir excito-moteur est comme engourdi, entravé ; c'est à dire qu'il est extrêmement peu impressionnable à certains agents, mais surtout à la volonté, et présente une lenteur insolite de certaines irradiations quand elles peuvent avoir lieu. Ainsi, notre première observation nous avons vu qu'en chatouillant la plante du pied malade, la contraction des orteils n'avaient lieu que quelques instants après ; il en était de même sous l'influence de la volonté. Par contre, ceux qui accompagnaient certains actes physiologiques qui exigent le concours de plusieurs muscles de diverses régions simultanément (éternuement, toux, etc.) seraient comme exaltés à cause, probablement, du peu de prise qu'aurait la volonté sur eux pour les modérer.
 
On dirait que certaines parties de ce centre moteur quoique soustraites à l'action de la volonté (et peut-être çà cause de cela), sont cependant dans un état d'exaltation motrice très prononcée, puisque la toux, les vomissements, etc., déterminent sur le bras paralysé auquel il fournit son innervation des secousses violentes qui n'ont pas lieu dans le côté sain, qui, lui reçoit la sienne d'un centre moteur sain aussi, et soumis à l'action de la volonté. Des impressions, d'une énergie même peu intense, qui seraient indifférentes pour le côté sain, agissant ici sur des centres nerveux trop excitables, suffiront pour produire des mouvements réflexes […].
 
La moelle allongée étant le siège des mouvements réflexes et dans l'hémorrhagie cérébrale restant intacte, on ne voit pas trop pourquoi ils seraient abolis ; loin de là.
 
Le cerveau serait-il le modérateur, le régularisateur de ces mêmes réflexes ? Jouerait-il le même rôle dans ces actes, par rapport à la moelle allongée, que le pneumogastrique dans les mouvements du cœur par rapport au grand sympathique ? ….