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Biographies de neurologues
 
Nouvelle Iconographie de La Salpêtrière
 
 L'histoire des neurosciences à La Pitié et à La Salpêtrière J Poirier
The history of neurosciences at La Pitié and La Salpêtrière J Poirier 
 

mise à jour du
6 mai 2004
Nouveau Traité de médecine et de thérapeutique
Brouardel, Gilbert, Thoinot
Mouvements involontaires dans les membres paralysés : Hémiplégie
Pierre Marie et André Léri
JB Baillière Ed 1911
p283-291

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Ces mouvements appartiennent à des catégories très différentes, tant au point de vue de l'aspect que de la nature.
 
Nous n'avons pas à parler de l'épilepsie Jacksonienne qui se montre parfois sur les membres hémiplégiés, soit avant, soit après l'attaque d'hémiplégie; la description de cet accident trouvera mieux sa place à propos de l'épilepsie. Nous devons cependant signaler ce fait que parfois, dans 1 ou 5 p. 100 des cas environ, on voit, sans cause appréciable, un hémiplégique paralysé depuis plusieurs années être pris inopinément d'épilepsie jacksonienne ou même d'épilepsie généralisée; cela se produit surtout chez les hémiplégiques atteints de ramollissement cérébral.
 
Hémichorée. - Hémiathétose. - Hémiataxie. - Hémitremblement [...]
 
Mouvements associés. - C'est encore là une autre classe de mouvements involontaires post hémiplégiques: ces mouvements associés peuvent être classés, comme l'a proposé justement Bertolotti, en mouvements associés d'ordre volitionnel, mouvements associés d'ordre réflexe et mouvements associés automatiques.
 
Les mouvementss associés d'ordre volitionnel consistent en ce que, lorsque le malade fait un mouvement volontaire avec son membre sain, le membre paralysé exécute involontairement l'ébauche d' un mouvement plus ou moins analogue. Ces mouvements ont été particulièrement étudiés :par Hitzig, Senalor, Camus, Max Sander, Medea et Hanau, etc. Ces mouvements associés sont plus souvent obser-~és,dans l'hémiplégie infantile que dans celle des adultes; ils y sont généralement aussi plus prononcés. Peut-être faut-il rapprocher de cette constatation la remarque faite par Max Levy, Medea, etc., que chez les enfants, à l'état normal, les mouvements associés, surtout bilatéraux et symétriques, sont
beaucoup plus fréquents que chez les adultes (ils, seraient aussi plus fréquents à mesure qu'on descend dans la série animale); c'est par l'éducation que les mouvements seraient progressivement limités et simplifiés en vue de tel on tel but déterminé; on comprendrait ainsi la plus grande fréquence de ces mouvements chez les sujets frappés dès leur enfance d'hémiplégie et souvent d'obtusion intellectuelle que chez les malades paralysés après leur complète éducation. Cependant,
il est beaucoup moins rare d'observer ces mouvements associés chez les adultes que l'hémichorée ou l'hémiathétose.
 
Les mouvements associés peuvent être symétriques, c'est-à-dire que lorsque, par exemple, le membre supérieur sain fait un mouvement, on voit le membre supérieur paralysé exécuter une ébauche de mouvement; ils peuvent être asymétriques et l'on voit alors, à l'occasion d'un mouvement volontaire du membre supérieur sain, se produire une contraction involontaire, un mouvement associé du membre inférieur ou de la face du côté paralysé. Ces mouvements associés sont dus, suivant toute vraisemblance, à une augmentation de l'excitabilité de la substance grise médullaire par rapport aux excitations d'ordre volontaire.
 
C'est dans cette catégorie de faits qu'il convient de ranger la remarque faite par Pitres et Camus qu'il se produit une augmentation notable de la force de serrement dans la main paralysée quand on dit au malade de serrer en même temps la main saine. C'est encore des mouvements associés qu'il faudrait rapprocher le singulier phénomène relaté par Sainton chez un malade de Bicêtre : cet homme était atteint d'aphasie sensorielle très caractérisée, et chaque fois qu'il voulait parler, on voyait son pied droit être animé de mouvements involontaires. Remaka publié le cas d'un autre aphasique qui, dans les mêmes conditions, présentait des mouvements involontaires de la main droite. Il est très vraisemblable que ces mouvements étaient dus à l'augmentation du tonus nerveux dans le faisceau volontaire de l'hémisphère gauche, sous l'influence des efforts faits par les malades pou r surmonter les difficultés que l'aphasie avait apportées à leur faculté d'expression par la parole : il s'agirait donc ici encore de mouvements associés (mouvements des membres associés aux mouvements pour la parole).
 
Nous étudions ailleurs les mouvements produits à l'occasion de la recherche des réflexes superficiels ou profonds; nous n'aurons donc pas à en parler ici, mais nous devons signaler que, d'après Parhon et Goldstein, Bertolotti, certaines excitations cutanées provoquent, chez les hémiplégiques un réflexe moteur non seulement du côté excité, mais aussi du côté opposé : il y aurait donc un véritable mouvement associé d'ordre réflexe, c'est ainsi qu'on peut voir la contraction bilatérale du crémaster ou le réflexe cutané plantaire bilatéral après une excitation unilatérale.
 
On constate parfois chez les hémiplégiques d'autres mouvements que l'on qualifie aussi de réflexes, bien que la chose soit loin d'être certaine, et qu'il vaut mieux dénommer mouvements associés automatiques. Ces mouvements se produisent à l'occasion soit d'une forte inspiration, soit d'un accès de toux, soit d'un bâillement; ils consistent le plus souvent en ce que, sans que la volonté du malade y participe, le membre paralysé se met tout d'un coup en abduction ou en demi-extension; c'est du membre supérieur qu'il s'agit presque toujours (pandiculation). Pour Mann, ce phénomène tiendrait à ce que, dans l'hémiplégie, la portion supérieure du trapèze étant conservée, lorsque, dans une inspiration forcée, cette portion musculaire est mise à contribution, par son insertion inférieure elle amène un mouvement d'abduction du membre supérieur. Cette explication peut probablement s'appliquer à certains cas, mais Pierre Marie pense qu'il faut sans doute faire jouer un rôle aux modifications de tonus déterminées dans la substance grise des centres nerveux par l'effort d'une inspiration profonde, un bâillement ou une secousse de toux; il se produirait là en nu mot un phénomène un peu analogue à l'hyperexcitabilité déterminée par le tour de main de Jendràssik dans la recherche des réflexes tendineux. Bertolotti a pourtant signalé des cas exceptionnels où des mouvements très analogues aux mouvements de pandiculation d'ordinaire associés au bâillement se produisaient indépendamment de tout effort respiratoire et de tout mouvement volontaire, au réveil par exemple ou à l'occasion de crises de prurit : cet auteur croit pouvoir attribuer à la couche optique une fonction active automatique. Ces mouvements associés automatiques se produiraient surtout chez des sujets dont l'hémiplégie est plus grave que chez ceux qui présentent des mouvements associés d'ordre volitionnel, de l'hémichorée ou de l'hémiathétose ; il y aurait une sorte d'antagonisme entre ces mouvements.
 
Comprendre avec l'aide de K Ezure la coordination respiration - marche
Convergence of central respiratory and locomotor rhythms onto single neurons of the lateral reticular nucleus Ezure K, Tanaka I Exp Brain Res1997; 113; 2; 230-242